Témoignages
À l’annonce du diagnostic, Mme B. a immédiatement cessé de travailler. La charge émotive étant trop intense pour qu’elle soit capable de se concentrer au travail. Tout le processus, de la chirurgie au dernier traitement de radiothérapie a duré huit mois. Elle occupait un emploi à titre de spécialiste aux enquêtes assurance-emploi et travaillait en moyenne 37.5 heures par semaine. Son emploi consistait à former et à orienter cinq nouveaux enquêteurs et supporter les enquêteurs chevronnés en plus de cinq commis. Elle était syndiquée.
À la suite du diagnostic, elle n’a pas eu à chercher un autre emploi, un emploi lui a été offert. En effet, elle avait gardé contact avec son ancien bureau et lorsqu’un des employés l’a appelée pour prendre de ses nouvelles, elle lui a fait part de ses difficultés. Peu de temps après, le directeur lui a offert de revenir et le processus de mutation s’est fait sans effort. Elle a occupé le même poste que celui avant son diagnostic lors de son retour au travail, soit à titre de spécialiste aux enquêtes assurance-emploi, mais pour trois mois seulement. Durant ce temps, il n’y a pas vraiment eu de changements dans les tâches et les responsabilités, mais elle a fait quelques semaines à temps partiel.
Par la suite, l’emploi qu’elle a occupé ne demandait pas autant de concentration, le travail était bien défini et elle pouvait se réaliser seule, à sa façon. Bien qu’elle ait pu retourner au travail, il reste qu’elle ressentait beaucoup d’anxiété en sachant que la directrice ne comprenait pas très bien son état d’esprit et physique.
La plus grande difficulté pour elle était la fatigue générale et quotidienne. En effet, se lever le matin après une nuit d’insomnie était très difficile. De plus, les traitements ont affecté sa capacité de travail, notamment en raison de la concentration difficile, la mémoire défaillante et la fatigue quotidienne. Elle affirme qu’un retour progressif plus lent, qui dure plus longtemps et des horaires variables auraient grandement amélioré sa qualité de vie, mais les discussions avec l’agent étaient devenues un peu plus difficiles alors elle a préféré retourner à temps plein pour ne plus avoir à les contacter.
Par contre, plusieurs facteurs ont amélioré son retour à l’emploi, notamment grâce à l’employeur qui lui a offert une possibilité d’accommodement en lui accordant la possibilité de travailler à partir d’un bureau satellite plus près de chez elle. De plus, au retour à son ancien bureau, les chefs d’équipes étaient beaucoup plus compréhensifs et conciliants avec elle.
En ce qui concerne les ressources externes, elle a eu accès à l’assurance-emploi, à une banque de journées de maladie accumulée suivie d’une assurance maladie avec l’employeur qui a offert un excellent service jusqu’au début des arrangements pour le retour progressif. De plus, elle a effectué deux thérapies de groupe pour arriver à se comprendre et à comprendre les réactions des gens autour : famille, travail, amis…
Conseil aux femmes qui vivent présentement cette difficulté:
Face à cette situation, il y a trop de changements qui surviennent dans leurs vies pour réussir à tout gérer autant au niveau du ménage à l’alimentation aux échanges avec les parents, les amis et le travail
Cela prend de l’aide et de l’humilité pour l’accepter
